AUX FORGES DE VULCAIN

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AUX FORGES DE VULCAIN

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Cette boutique du centre de Paris, située à deux pas de la Flotte d'Angleterre, à toujours travaillé dans la distribution d'outils. elle vendit des rabots pendant près d'un siècles et demi, mais n'en fabriqua pendant la deuxième moitié du XIXe siècle.
e catalogue de 1951 présente ainsi son histoire: ''"La fondation de notre maison remonte exactement à 1807 (sic). A cette date, existait à l'angle de la rue de la Barillerie et du quai aux Fleurs un "marchand de vins-restaurateur" fréquenté par les ouvriers de toutes professions, mais surtout par les tailleurs de pierre. Le passage incessant de cette clientèle de métiers si divers suggéra au patron du restaurant d'ajouter à son établissement un dépôt d'outils et de petite quincaillerie. Le succes dépassant ses prévisions, il ne tarda pas à cesser son commerce d'alimentation et à le remplacer définitivement par celui de l'outillage: la maison de quincaillerie était née. Elle prit pour enseigne "Aux Forges de Vulcains". Les affaires prospérèrent rapidement ... Mais en 1857, à l'époque des grands travaux d'embellissement de Paris, l'expropriation du local occupé par "Aux Forges de Vulcain" était décrétée, et dès 1860, les nouveaux magasins s'ouvraient sur la place du Châtelet, au n° 3 de la rue Saint-Denis. C'est à cette adresse que se trouve toujours notre maison de Paris: son enseigne, représentant Vénus appuyée sur l'épaule de Vulcain, a été exécutée sur porcelaine par l'un de nos plus illustres peintres céramistes, M.A. Jean et, placée au frontispice de notre Maison, elle est connue de tous les Parisiens."''
Au début, la maison avait une stricte activité de distribution, sans participer à la fabrication. Elle marquait déjà à son nom des rabots qu'elle vandait et en 1829 Paulin-Desormeaux recommande ''"l'établissement de M. Bavoil comme étant le mieux assorti en bons outils, et comme davant mériter toute confiance sous le rapport de la médiocrité des prix. Il es connu dans le public sous les mêmes rapports."'' En effet, Bavoil ne voulait pas être confondu avec son tout proche voisin la Flotte d'Angleterrre, ''"beau magasin d'outils de luxe."'' La fabrication proprement dite semble commencer en 1847, lors de l'arrivée aux commandes de Denis Youf, sans doute issu d'une ancienne famille de travailleurs du bois du faubourg Sainte-Antoine: l'almanach du commerce mentionne à partir de cette date que les Forges de Vulcain disposent d'un ''"atelier pour la fabrication des outils de menuiserie et de mécanique".'' Il est possible que l'atelier en question ait été celui de l'outilleur voisin Levasseur qui déménagea à cette date. La boutique fournissait toujours le public en ''"quincaillerie française et étrangère, aciers, limes, cuivres, fils de fer, d'acier et de laiton, meules, pierres, ..., outils pour arts et manufactures, tours et accessoires..."'' Elle reçut une mention honorable à l'exposition de 1849 pour ''"deux tours fabriqués dans ses ateliers"'' puis une médaille en 1855, conjointement avec les Mines de Suède et Gérard, ''"trois maisons dont la spécialité est le montage des outils, et qui s'en acquittent supérieurement."'' Un catalogue des outils montés fabriqués par la maison est mentionné por la première fois en 1864. On y trouve une brève mention de tous les articles vendus par la maison, des métaux et matériaux divers, de la quincaillerie, des machines et des outils pour ''"jardiniers, sculpteurs, ciseleurs, graveurs, fondeurs, modeleurs, corroyeurs, armuriers, ferblantiers et chaudronniers, des outils de précision pour ateliers de construction."'' et une panoplie très complète des 450 modèles de rabots qu'elle fabriquait, pour ''"menuisiers, ébénistes, facteurs de pianos, carrossiers, tonneliers, charpentiers et charrons"''.
A partir de 1896, la maison ne se dit plus fabricant et n'est mentionnée que comme distributeur: elle a sans doute cessé de fabriquer des rabots tout en continuant à en vendre ainsi que mille autres articles. Au XXe siècle, elle publiait régulièrement d'épais catalogues d'outillage, vendait beaucoup de matériel d'usine et de machines, et proposa jusqu'a la Deuxième Guerre mondiale la plupart des modèles de rabots fabriqués en France. La maison possédait alors un ''"atelier et dépôt de machines"'' en banlieue à Saint-Denis. La distribution de rabots cessa quaiment après le Deuxième Guerre mondiale, et la maison ferma ses portes en 1974 au bout de presque deux siècles d'existence.
Les outils marqués "Aux Forges de Vulcain" sont relativement courants et dateraient de la deuxième moitié du XIXe siècle, mais il n'est pas impossible que la maison ait continué plus tard à marquer les outils qu'elle revendait. On connaît aussi des marques de la première moitié du XIXe siècle apposées sur des outils que les Forges ne fabriquaient sans doute pas, mais dont la datation est précieuse pour la connaissance des rabots de transition.
Le nom a inspiré plus d'un détaillant, car on rencontre de nombreuses quincailleries homonymes, notamment à Aillant-sur-Tholon, Bordeaux, Brive, Chartres, Dijon, Janville, Joigny, Libourne, Lillebonne, Marennes, Saumur et jusqu'à Anvers, ce qui poussa longtemps la maison parisienne à préciser: ''"La maison n'a pas de succursales"'' avant d'en ouvrir à Bordeaux (1917), Lyon (1918) et Lille (1920).

Le nom des propriétaires successifs a été relevé d'apres l'almanach du commerce. Cette liste présente quelques différences avec les dates les plus anciennes fournies par les catalogues de la deuxième moitié du XXe siècle, également contredites par d'autres sources et sans doute moins fiables.

*1810-1842: Bavoil (les catalogues disent: 1807-1825. Aucune trace d'un Bavoil restaurateur, peut-être le héros d'une légende fondatrice!)
*1843-1846: Perrot, gendre du précédent (les catalogues disent: 1825-1845)
*1847-1859: Denis Youf.
*1860-1871: Jules et Victor Chouanard frères.
*1872-1890: Jules Chouanard.
*1890-1931: Emile Chouanard, son fils.
*1931-1935: Henry Brès-Chouanard, gendre du précédent, directeur général depuis 1911.
*1936-1941: Roger François
*1943: Marcel Drye, neveu de Henry Brès-Chouanard, et Lucien Lebeurre.
*La maison ferme ses portes en 1974.

Adresses:
*1810-1860: 1, rue de la Barillerie, au coin du quai aux fleurs, une annexe est parfois mentionnée au 18, rue Martroi. Les Forges étaient à deux pas de la Flotte d'Angleterre.
*1860-1974: 3, rue Saint-Denis, parfoit 5 ou 6, même rue. [BOUILLOT-CHATELLARD: 51]

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